Le coursier à vélo Bubble Post espère changer les habitudes en Wallonie

Co fondée par trois jeunes Gantois en 2013, Bubble Post va proposer ses services de livraison express à vélo (électrique) à Namur, Liège, Mons et Charleroi dès septembre.
Bubble Post arrive en Wallonie

Bubble Post arrive en Wallonie

Le marché de la livraison express en véhicule léger – vélo ou tricycle – paraît promis à un bel avenir… si on en croit les investisseurs américains du moins. Fin juin, l’américaine Postmates a levé 80 millions de dollars pour développer une offre de services express à 1 dollar.
On n’en est pas encore là en Belgique, mais la Gantoise Bubble Post nourrit de grandes ambitions. Partis d’une thèse universitaire sur le transport de personnes par vélos – une première entreprise Bubble Taxi verra le jour – les trois cofondateurs sont assez vite sollicités pour du transport de colis et finissent en 2013 à se concentrer uniquement sur le transport de marchandises par vélo. Bubble Post est né et va rapidement s’étendre de Gand – qui reste la locomotive de la jeune entreprise – aux principales villes flamandes et puis à Bruxelles fin 2014. La société express « alternative » emploie aujourd’hui 65 personnes (pour la plupart salariés, même s’il y aussi pas mal d’intérimaires et jobistes), qui roulent avec des vélos, vélo-cargos, véhicules 100 % électriques et véhicules roulant au CNG pour le transport réfrigéré.
Elle livre entre 2.500 et 3.000 colis par jour, dans un rayon de 5 km maximum de ses entrepôts. Bubble Post est autant une entreprise informatique que logistique : 4 ingénieurs en informatique ont développé une application qui détermine le type de véhicule le mieux adapté en fonction de l’itinéraire, l’état du trafic, etc. Les clients peuvent également suivre le cheminement de leur colis via un système de « track and trace ». Bubble Post reste évasive sur ses clients, qui sont de grosses sociétés e-commerce, des acteurs de l’horeca (pour le transport réfrigéré), des commerçants locaux ou de grosses entreprises de transport qui confient à Bubble Post le « dernier kilomètre ». Tout au plus apprendra-t-on que Kiala, Nespresso ou Vente-exclusive.com font partie des clients.
La start-up a récemment levé pas moins de 2,35 millions d’euros principalement auprès de la PMV (Participatiemaatschappij Vlaanderen) mais aussi de quelques fonds privés.
Elle va s’étendre à la Wallonie dès septembre, à Namur, Liège, Mons et Charleroi. « Nous espérons développer davantage le réflexe du vélo en Wallonie. Il est vrai qu’il était sans doute plus facile de démarrer en Flandre vu le relief et une mentalité très pro-vélo, mais nous sentons un potentiel au sud du pays aussi », explique Anas Sukkar, spécifiquement engagé pour développer le marché wallon. Une partie des clients existants en Flandre garantissent déjà un certain volume de livraisons vers la Wallonie.
Compte tenu du relief plus accidenté des villes wallonnes, Bubble Post va mettre un soin particulier à choisir des entrepôts bien situés. Et les véhicules standard ne seront pas les mêmes qu’en Flandre. L’entreprise est occupée à développer avec un partenaire espagnol un vélocargo électrique capable d’avaler les côtes avec jusqu’à 300 kg de charge. La jeune entreprise affirme avoir reçu un accueil très positif des échevins en charge de la mobilité dans les différentes villes concernées.
Après la Wallonie, Bubble Post planche déjà sur une extension en France, en Espagne (Barcelone) et aux Pays-Bas. Au total, 19 villes devraient être couvertes d’ici la fin de l’année.
Et Bruxelles ?

Bruxelles compte donc déjà parmi ces villes depuis quelques mois. « Bien que Bruxelles ne soit pas une ville facile pour le vélo, nous sommes persuadés qu’elle présente un beau potentiel. Nous avons déjà un entrepôt à Berchem-Sainte-Agathe et sommes occupés à en chercher un deuxième du côté d’Anderlecht », nous dit Felix Vanvuchelen, en charge du Business Development chez Bubble Post. « Nous n’abandonnons certainement pas Bruxelles », ajoute-t-il, comme pour aller à contre-courant du sentiment dominant que les services de coursier par vélo ont du mal à véritablement percer à Bruxelles. Le constat est notamment partagé par l’association Pro Vélo. Depuis quelques années, Ecopostale, Dioxide de Gambettes, Pedal ou Hush Rush ont trouvé leur place sur ce marché de niche, sans que l’on puisse parler d’explosion. Parallèlement, sur le créneau horeca, la start-up belge de livraisons de repas à domicile Take Eat Easy fait également appel à des livreurs-cyclistes indépendants.
François Roland, cofondateur de Hush Rush qui emploie deux personnes à temps plein (parfois davantage en fonction des projets), explique avoir fait le choix volontaire de rester petit et artisanal. Et de ne pas utiliser de vélos électriques.« Nous travaillons pour de petits clients qui veulent un service personnalisé et simple, à la différence de sociétés technologiques, sortes d’Uber de la livraison par vélo, avec lesquelles nous n’allons pas pouvoir rivaliser en termes de prix et de services périphériques comme le suivi des colis. »